La toiture végétale

Le fait d’aménager un tapis de verdure, voire un jardin sur son toit, à la place des matériaux classiques comme les tuiles, le zinc, est une technique qui a existé depuis des siècles surtout dans les pays d’Europe du Nord, et s’est beaucoup implantée en Allemagne ou en Suisse. Actuellement, pour lutter contre la pollution et améliorer la qualité de l’air en milieu urbain, la toiture végétale ou écotoit est reconnue comme une solution très intéressante. En effet, elle est non seulement économique, belle et écologique, mais elle garantit également des avantages techniques hautement profitables. La France, un peu en retard par rapport à ses pays voisins, commence à s’intéresser sérieusement à ce concept de toit vert, entrant dans la démarche développement durable. À ce titre, la région Île de France propose des subventions à l’aménagement de toit végétalisé, à Paris, à défaut de prévision d’espace vert suffisant au sol, indiqué dans la demande de permis de construire, la toiture végétalisée dévient obligatoire. L’intérêt pour ce concept concerne les pays du monde entier. À Chicago par exemple, pour combattre le réchauffement en milieu urbain, et pour montrer le bon exemple, une végétation a été aménagée sur une grande partie de l’Hôtel de Ville et à Tokyo, 20 % de l’espace inutilisé du toit doit contenir de végétation pour toutes nouvelles constructions dépassant les 1000 m2.

Différents types et mise en œuvre de la toiture végétale

 

Il existe trois types de toiture végétalisée :

  • Celle à végétalisation extensive, dont la mise en œuvre est encadrée par les règles professionnelles pour les toitures et terrasses végétalisées du CSFE. Ce type de toit est à réaliser sur une pente de 20 % et sur un support en acier, en béton ou en bois. Ce sont les plantes couvre-sol, les sedums, les graminées, supportant le soleil et exigeant peu d’eau pour croître, qui conviennent. Ainsi aménagé, le poids au m2de ce type de toit végétal varie entre 60 à 100 kg.
  • Celle à végétation semi-intensive, à réaliser sur une pente de 20 % et sur un support en bac en acier, en béton ou en bois, car une fois mise en place la toiture végétale peut avoir un poids au m2 se situant entre 15 0kg et 350 kg. Les plantes compatibles à ce type de toit sont celles requérant un substrat de12 à 30 cm avec assez peu d’eau pour croître. Ce sont des couvres-sols mélangés à des plantes à fleurs ou à feuilles ou encore à feuillages, des plantes grimpantes telles que la vigne vierge, de arbustes ou des légumes, etc.
  • Celle à végétalisation intensive, dont la mise en œuvre est encadrée par le DTU 43. 1, NF P 84-204. Constituant un véritable jardin suspendu, ce type de toit végétal est constitué de terre d’épaisseur atteignant plus de 30 cm nécessaires à la croissance des plantes vivaces, d’arbres (fruitiers) et arbustes qui requièrent d’arrosage fréquent pour grandir. Le seul support adapté est le béton étant donné que le poids au m2 de ce type de toiture peut atteindre 600 kg. Ce toit végétal s’adapte à un toit de faible pente (3°au minimum) et convient plutôt à couvrir des immeubles (bureau par exemple).

Constitution d’un toit végétal

 

Un toit vert est constitué :

  • D’un support pouvant être en béton, en acier ou en bois selon le poids du toit végétal choisi.
  • D’une couche imperméable en bitume servant d’étanchéité et  un produit repoussant les racines, le tout formant une barrière anti-racine et anti-fuite.
  • De couche de drainage et de filtration sous forme de panneaux gaufrés accompagnés de filtre géotextile et de géotextile absorbant dont le rôle consiste à stocker l’eau nécessaire à la croissance des plantes et à drainer au besoin le surplus.
  • De substrat d’épaisseurs variées, composés d’éléments minéraux, d’éléments organiques (terreau, compost) dont la proportion est faite de manière à assurer la croissance des plantes choisies.
  • La végétation formée de plantes choisies selon le type de toit végétal aménagé et les conditions climatiques du lieu.

Le toit végétal doit être accessible et la mise en œuvre et la réalisation sont à confier à des professionnels (couvreurs et paysagistes).

Impacts bénéfiques de toiture végétale

 

Ceux-ci se traduisent par :

  • Le respect de l’environnement et de la limitation du réchauffement de la planète par la diminution de la pollution, grâce à la réduction de l’émission de gaz à effet de serre.
  • L’amélioration de la qualité de l’air, l’atténuation du stress, etc.
  • La durabilité des différents éléments du toit, car protégées des rayons UV.
  • Le confort thermique, étant donné que les plantes vertes formant le toit peuvent maintenir la température entre 10 ° et 25 °. Les pièces en dessous bénéficient directement de cet avantage.
  • Le confort acoustique. Par les études faites, il s’avère que le toit végétal en absorbant le son arrive à atténuer les bruits jusqu’à 50db.
  • L’apparition des espaces verdoyants, accueillants, déstressants et conviviaux à la place inutilisée du toit, permettant en même temps l’amélioration de la biodiversité.
  • La limitation de la hausse de la température ambiante par la réduction des surfaces qui réfléchissent la lumière du soleil grâce à l’ombre procurée par les immeubles à toit végétal.
  • L’assainissement de l’atmosphère en milieu urbain. En effet, les plantes vertes absorbent le CO2 et rejette de l’O2 pendant la photosynthèse et en même temps l’air sera filtré des particules polluantes qui s’y trouvent et celles volatiles seront absorbées.
  • Limitation des risques d’inondation, d’érosion, de reflux d’égouts, etc. Effectivement, les végétations sur le toit retiennent jusqu’au3/4 des eaux pluviales diminuant considérablement le ruissellement au sol.
  • L’économie sur la facture en consommation d’énergie (chauffage et climatisation), car le tapis végétal se comporte comme un excellent isolant thermique.
  • La valorisation du patrimoine, grâce à tous ces bienfaits auxquels s’ajoute l’esthétique apportée par la toiture verte.

Atouts et contraintes de chaque type de toiture végétale

 

Les toitures végétalisées ont un coût au départ élève par rapport aux toits à revêtements classiques. Leur aménagement ne présente aucun problème pour les pentes faibles, comprises entre 3 % et 5 %. Au-delà, il faut se référer à l’avis des spécialistes surtout pour les pentes raides ou le toit plat, car des solutions existent pour faire faces aux contraintes éventuelles. Quoi qu’il en soit, chaque type de toit végétal possède ses atouts et ses faiblesses et des coûts différents.

  • Le toit végétal extensif est le plus facile à aménager sur le toit d’une construction neuve ou existante, demande une irrigation moindre donc requiert peu d’entretien (1ou 2 fois tous les ans). Toutefois, il est peu esthétique surtout en hiver et le choix de plante qui lui est compatible est restreint. Son coût au m2 varie entre 40 et 100 euros.
  • Le toit végétal semi-intensif pouvant être aménagé en construction neuve en rénovation requiert peu d’entretien et un arrosage des plantes en fonction des régions. Plus esthétique que le premier type étant donné que le choix des plantes est moins limité. Son coût au m 2 est compris entre 100 euros et 200 euros.
  • Le toit végétal intensif est très esthétique avec un choix presque illimité de plantes et confère le plus d’avantages à l’individu et la société. Toutefois, il est aménageable, uniquement en construction neuve par des spécialistes, requiert beaucoup d‘entretien et d’irrigation presque permanente (arrosage automatique conseillé). Son coût se situe au-dessus de 200 euros.
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