La toiture terrasse

Le concept de toiture-terrasse s’apparente à l’architecture moderne. En effet, son développement en zone urbaine est parti du principe de récupération sur le toit du bâtiment, l’espace occupé par le bâti au sol. Ainsi, cet espace qui n’est autre que la couverture du toit, peut alors être utilisé comme espace de vie, de loisir, lieu convivial pour réunion entre amis, etc., peut servir également de jardin, de tapis vert (cas de toiture végétalisée). Il peut aussi investir des missions plus techniques et plus fonctionnelles, comme emplacement de panneaux photovoltaïques ou espace réservé à l’extension ultérieure de la construction. Bien que la construction de maison à toit plat à proximité de site protégé ne soit pas autorisée, opter pour ce type de toiture c’est choisir un autre style d’esthétique à formes pures et précises et s’approprier des avantages qu’il offre. Toutefois, comme les toitures terrasses doivent garantir à la fois l’étanchéité et l’isolation du toit, confier sa réalisation à des professionnels s’avère essentielle. Enfin, ce style de construction contemporaine, à base de toit plat à un versant, de pente ne dépassant pas 1 à 5 °, est soit accessible, cas de la toiture-terrasse, soit inaccessible sauf ponctuellement, cas de la toiture plate.

Conception et construction d’une toiture terrasse

 

Trois éléments essentiels et à rôles interdépendants sont à la base de toute toiture-terrasse. Ce sont la structure porteuse, l’isolation et l’étanchéité. Cette dernière ne doit pas concerner uniquement la surface horizontale, mais tous les rebords y compris ceux de l’acrotère c’est-à-dire le mur de 15 cm qui remonte au-dessus de l’étanchéité. La mise en œuvre de chacun de ces éléments détermine, les différents types de toiture-terrasse. Le choix du type de terrasse doit être arrêté dès la conception du projet de construction, car l’élaboration de la structure tout entière en dépend. Dans tous les cas, une toiture-terrasse comprend, à partir de l’extérieur :

  • un  revêtement extérieur, prévu pour pouvoir protéger la membrane d’étanchéité des intempéries, des chocs et des charges des éléments placés dessus en permanence ou de passage tout en assurant l’aspect esthétique extérieur du toit.
  • une couche ou plusieurs couches d’étanchéité, fondamentales et doivent être performantes sur tous les plans pour que l’état de tous les éléments qui se trouvent en dessous, reste impeccable le plus longtemps possible.
  • un dispositif d’isolation (une ou deux couches d’isolants), garant du  confort thermique intérieur des pièces en dessous.
  • le plus souvent, un pare-vapeur ayant pour rôle de bloquer les vapeurs d’eau, venant de l’intérieur.
  • une structure porteuse conçue de manière à supporter convenablement les charges de tous les éléments précédemment cités.
  • au besoin, une couche séparant les différents éléments ou couche de désolidarisation, s’ils ont par exemple des caractéristiques incompatibles.

Différents types de toiture-terrasse

 

On peut classer la toiture terrasse en deux catégories :

  • La toiture-terrasse accessible, donnant à l’imagination et la créativité toutes les possibilités quant à son usage : espace de vie, de détente, de réunion, jardin à plantes vertes et fleurs ou potager, etc. Elle peut être simplement praticable : c’est le cas de toiture-terrasse d’une maison individuelle, de certains immeubles collectifs ou de bureaux. Dans l’optique d’utiliser au maximum les espaces disponibles, des bâtiments publics, des toitures-terrasses circulables pour piétons et voitures légères ou plus ou moins lourdes, ont vu le jour. Les éléments constitutifs de la structure du toit tout entier sont alors conçus pour répondre aux  contraintes pouvant éventuellement être générées.
  • La toiture-terrasse inaccessible. On peut y accéder ponctuellement, en veillant à ne pas comprimer et abîmer l’étanchéité et l’isolant. On peut l’utiliser, l’espace comme emplacement de panneau photovoltaïque, de source de lumière et de toiture végétale. Cette dernière constitue la solution la plus intéressante par les avantages multiples qu’elle offre.

Selon la place occupée par l’isolant dans la structure du toit-terrasse, mais aussi selon la performance visée, particulièrement sur le plan thermique, on distingue :

Une toiture chaude

C’est le cas où l’isolant thermique est posé directement sur la structure ou séparé d’elle par un pare-vapeur, vient ensuite la couche d’étanchéité.

Elle peut être aménagée sur une maison existante, car sa conception n’entraîne pas de surplus de charges. Ainsi, l’isolant de même que les murs sont bien protégés, il n’y aura pas de condensation. L’inertie thermique se trouve améliorée. En revanche, la couche d’étanchéité non protégée est plus vulnérable, face aux agressions extérieures.

Une toiture inversée

Dans cette structure, où le pare-vapeur n’existe pas, l’isolant, lesté pour contrer l’action du vent, se trouve sur l’étanchéité. Ce sont alors le plancher et l’étanchéité qui sont protégés contre toutes les contraintes (thermiques, celle du soleil et des chocs divers). Par contre, l’isolant qui n’est pas protégé risque d’être imprégné par l’eau de pluie, ce qui aura pour effet une perte thermique, une fragilisation de l’étanchéité suivie d’apparition de condensation, d’humidité détériorant la structure et la qualité de l’air intérieur.

Une toiture combinée

La couche d’étanchéité est insérée entre deux couches d’isolation. C’est la meilleure solution, car elle permet de combiner les avantages offerts par les deux autres tout en limitant leurs défauts.

Que la toiture-terrasse soit accessible ou non, chaude, inversée ou combinée, elle présente de nombreux avantages : aucune restriction de place au-dessous du toit, isolation thermique et acoustique optimisée, prix abordable par rapport au toit classique en pente (tuile, ardoise) et esthétisme moderne. Toutefois, pour une toiture-terrasse réussie, il faut que le système d’évacuation soit efficace.

Support, isolation et étanchéité

 

La structure porteuse : selon que la toiture-terrasse soit accessible ou non, elle est faite en béton, en bois ou en bac acier. Un plancher réalisé en poutrelles, en béton armé ou béton précontraint est le plus indiqué pour le toit-terrasse accessible.

L’isolation : dans le cas de toiture-terrasse non accessible, on peut utiliser les matériaux courants à base de polyuréthane ou de polystyrène, la laine de verre ou de roche, etc. Pour un toit-terrasse accessible, les isolants en plaques qui ne s’écrasent pas (ne diminuent pas en épaisseur) sont préconisés. L’isolant est en général complété par un pare-vapeur posé sur sa face intérieure (côté chaud).

L’étanchéité : pour l’étanchéité, les produits courants sont les membranes bitumeuses en mono ou multicouches, les produits synthétiques dont le PVC, la résine liquide appliquée à froid ou SEL, l’asphalte, les feuilles de zinc ou d’aluminium avec un système de ventilation en sous face.

Le revêtement de protection de l’étanchéité contre les chocs, les rayons UV, etc., est nécessaire (sauf pour le SEL). À ce propos, la solution la plus abordable est la couche de graviers ou de gravillons, en plus de son rôle protecteur, il joue le rôle de lest face à l’action du vent. Il y a aussi la végétalisation, qui reste la plus intéressante (cas de toiture inaccessible) pour les avantages écologiques, thermiques et acoustiques ainsi qu’esthétiques qu’elle offre. Le gazon synthétique est aussi une alternative économique, facile à poser et à entretenir. D’autres revêtements sont disponibles du moment que le calcul de charge est bien étudié.

L’évacuation des eaux pluviales : le système d’évacuation est important si on veut conserver la fiabilité de l’étanchéité. Un ou plusieurs points d’évacuation sont à réaliser pour permettre à l’eau de s’écouler, grâce à des tubes en acier reliés à ces points. Le diamètre du tube est fonction des dimensions de la terrasse.

Un système de protection en cas de terrasse accessible, formé de garde-corps de 1m 10 de hauteur au minimum, muni des barreaux rapprochés.

Enfin, pour assurer la durabilité du toit et la conservation de ses performances le contrôle régulier de l’état de chaque élément est à ne pas négliger.

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