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Associé historiquement aux toitures rurales et un peu à la misère (origine du mot chaumière), le toit de chaume, très répandu auparavant, commence à disparaître progressivement à la fin du XIXe siècle. Cela est dû en partie à la sortie des arrêtés municipaux, à cette période, suite aux plaintes des assureurs craignant la propagation des incendies que ce type de couverture peut provoquer. Toutefois, les toitures en chaume persistent dans certaines régions de France (Bretagne, Normandie, etc.), en tant que particularité régionale. Il existe même des régions touristiques, dont la beauté des maisons au toit de chaume en fait la réputation. Ainsi magnifiée de cette façon, les poètes et les peintres y sont également pour quelque chose, le toit en chaume revient au-devant de la scène, pas par le nombre mais comme toiture de style. Ce regain de popularité, même de niveau pas très élevé, peut s’expliquer également d’une façon plus rationnelle. En effet, les paysans qui se sont rendus compte du confort thermique et phonique, de l’atmosphère chaleureuse procurés à moindre prix par les maisons au toit de chaume, commencent à les regretter.

Techniques de mise en œuvre d’une toiture en chaume

 

Selon la région, le chaume est réalisé à partir de tiges de graminée comme, de roseau, de jonc, de la paille de seigle, de la paille de blé, du genêt, de la bruyère, etc.

La technique de mise en œuvre ancienne consiste à couper les tiges, à les sécher pour enlever les graines restantes, à les attacher en bottes puis à les ranger étroitement et côte à côte pour former un banc serré la pente du toit.

Actuellement, ce sont les feuilles de seigle qui sont les plus utilisées pour leur qualité, entre autres leur grande résistance du fait de leur teneur élevée en silice et en cellulose. De plus, elles ne laissent passer ni l’eau ni la neige, résistent au vent et n’attirent pas les insectes et les rongeurs, sans oublier leurs excellentes qualités isolatrices.

Par ailleurs, la technique s’est beaucoup améliorée. La pose se fait en plusieurs étapes et doit être confiée à des professionnels, dénommés chaumiers, si on veut un résultat de qualité, plus précisément en termes d’aspect, d’étanchéité et de résistance au vent, et à cet effet :

À noter qu’il faut 3 à 4 semaines à 2 chaumiers expérimentées pour réaliser 150 m2 de toiture en chaume.

Atouts et faiblesses d’une couverture de toit en chaume

 

Le toit de chaume offre de nombreux avantages :

Toutefois, le toit de chaume a aussi ses faiblesses, dont :

Entretien de toit de chaume

 

Un toit de chaume doit être entretenu régulièrement, pendant les 6 premières années. L’objectif est de le protéger contre l’usure, les lichens et les mousses.

Puis tous les 3 ans, un entretien systématique s’impose. Il consiste à éliminer les couches abîmées avec une brosse puis un arrosage au jet d’eau pour enlever tous les résidus restants, suivi d’un autre arrosage avec un produit anti-mousse. Il faut apporter plus d’attention au pan exposé au nord qui favorise la formation de mousse plus rapidement.

À partir de la vingtième année (même avant, selon la zone géographique) un entretien approfondi visant à compenser les parties amoindries, renouveler les couches endommagées, etc. Pour cela, après avoir enlevé les mousses par grattage manuel, ou peut selon le besoin :

Quelques prix relatifs aux travaux de toiture en chaume

 

Concernant l’entretien et à titre indicatif, il faut prévoir un budget de 1000 euros à 1500 euros pour les travaux d’entretien de deux jours d’un toit de chaume, par des professionnels.

Concernant le coût au m2, il faut un budget compris entre 120 euros et 150 euros.

L’important est de faire établir plusieurs devis avant de choisir le professionnel présentant l’offre la plus avantageuse. Par ailleurs, même si le coût d’un toit en chaume semble élevé au départ, il faut avoir en tête l’économie d’énergie qu’on peut bénéficier avec l’inexistence de travaux d’isolation, le fait qu’il n’exige ni dispositifs d’évacuation performants ni charpente particulière.

À noter qu’actuellement les maisons au toit de chaume se rencontrent majoritairement, en Bretagne, en Normandie où le faîtage est fait de plants d’iris et où se trouve le circuit touristique appelé « Route des Chaumières ». Il y en a aussi en Camargue, dans le Pays d’Auge et dans l’Eure.